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HUILE DE PALME et DEFORESTATION


Le palmier à Huile

Palmier avec des feuilles d'environ 3 mètres de long, groupées en courrone en haut du tronc.

Les fleurs et les fruits sont cachés parmi les feuilles et sont rarement visibles depuis le sol.

 

Les fruits sont de couleur orange vif et sont mangés par de nombreux animaux. La fructification s'étale sur toute l'année.

 

L'huile de palme est extraite de la chair fibreuse du fruit et de la graine.

 

La sève du palmier à huile est récoltée pour fabriquer le vin de palme, une boisson alcoolisée.

 

 

Voici la photo d'un palmier à huile vu par en-dessous. Chinois y a établi son nid sur le sommet pour la nuit et en a déjà mangé quelques feuilles pendant la journée !! 

 

 

 


06/06/2013
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L'huile, palme d'or de la déforestation

C’est le cas de l’huile de palme dont les pays industrialisés sont en train de diminuer l’usage pour des raisons que l’on pourra lire à la fin de cet article.

Le fait est que le chef de l’Etat vient de lancer officiellement un projet malaisien de palmeraie devant s’étendre jusqu’à cent quatre-vingt mille hectares dans la région forestière de la Sangha.

Agriculture : la société Atama Plantation lance un vaste projet de palmeraie à Yengo-Mambili (Sangha/Cuvette)

 

Le lancement officiel du projet de plantation de la société malaisienne a eu lieu le 30 mai, en présence du président de la République, Denis Sassou N'Guesso, de plusieurs membres du gouvernement ainsi que des autorités locales des départements concernés

 

Moyennant un périmètre de terrain de 180 000 hectares, en partie défriché, acquis auprès de l'État congolais, la société malaisienne Atama Plantation va développer une grande palmeraie dans la zone forestière située entre la localité de Yengo, dans la Sangha, et la rivière Mambili dans la Cuvette, au Nord-Congo.

Lors de la cérémonie, le directeur général d'Atama Plantation, Kiang Ming, a présenté le processus de développement des activités de sa société tournée vers la production de l'huile rouge. Le projet s'exécutera en trois phases, jusqu'en 2016-2017, période effective de production. La première phase, allant de 2013 à 2014, couvrira le planting de palmiers à huile sur 2 000 hectares qui arriveront à maturité au bout de trois ans. À terme, Atama Plantation installera neuf unités de transformation pour alimenter le marché congolais et conquérir l'extérieur. Ces unités desserviront la Zone économique spéciale Oyo-Ollombo en cours de création. « Pour la phase de démarrage des travaux, a déclaré son directeur général, Atama Plantation a déjà investi 15 milliards FCFA pour les équipements divers, l'aménagement et le bitumage de routes menant vers les zones d'activités, et quelque 400 hectares sont plantés depuis le mois de mars. À ce jour, 240 Congolais et 89 expatriés sont employés par la société », a-t-il indiqué.

Kiang Ming a par ailleurs salué la disponibilité dont a fait montre le gouvernement congolais au long des quatre années de pourparlers qui ont abouti à la conclusion de l'accord entre les deux parties. Il s'est dit confiant du fait de la stabilité du pays et de l'engagement des plus hautes autorités congolaises à préserver les investissements d'Atama Plantation.

À son tour, le ministre de l'Agriculture et de l'Élevage, Rigobert Maboundou, a loué la place que le Congo fait à l'investissement privé, considérant que cela concrétise la volonté du gouvernement de diversifier l'économie nationale. Armand Adolphe Iloki, le sous-préfet de Mokeko, circonscription administrative dont dépend Yengo, a fait part de l'impatience de ses administrés de voir le projet couronné de succès.

Marquant le clou de la cérémonie, le président de la République a procédé au planting d'un palmier. Le même geste a été accompli par les officiels présents sur les lieux.

Gankama N'siah

©Les Dépêches de Brazzaville

 
 

 


 

Controverses autour de l’huile de palme

Impact sur la santé des acides gras saturés

Avec sa forte concentration en acides gras saturés, l’huile de palme a remplacée les autres huiles végétales dans de nombreuses recettes industrielles, permettant d’éviter de recourir à l’hydrogénisation qui créait des acides gras insaturés trans reconnus comme contribuant aux maladies cardio vasculaire en augmentant le taux de mauvais cholestérol (LDL-cholestérol) tout en diminuant le taux de bon cholestérol (HDL-cholestérol).

Toutefois, les dangers de l'huile de palme pour la santé sont de plus en plus évoqués. Un lien statistique existe entre le taux d'acides gras saturés dans l'alimentation, l'hypercholestérolémie et la surmortalité des Occidentaux par maladie cardio-vasculaire si les proportions idéales entre les différents types d'acides gras ne sont pas respectées dans l'alimentation. Les acides gras saturés (dont l’huile de palme est à moitié composée) augmentent le taux de mauvais cholestérol (LDL-cholestérol) dans le sang et peut entraîner des risques cardiovasculaires. NDLR : Doit-on considérer que le très fort taux d’AVC constaté au Congo est, au moins en partie, dû à la grosse consommation d’huile de palme des populations locales ?

Cependant, contrairement aux acides gras trans, les acides gras saturés augmentent aussi le bon cholestérol (HDL-cholestérol).

Pour certains, c'est un danger d'autant plus insidieux que d'une part, les instances de santé ont surtout mis en garde la population contre les gras d'origine animale dans la prévention du cholestérol, et que d'autre part, il n'y a pas à ce stade d'obligation d'affichage (l'huile de palme figurant le plus souvent dans les compositions des aliments sous la discrète mention d'« huile végétale »).

La présence de l’huile de palme dans le lait artificiel en poudre pour bébé inquiète particulièrement. Toutefois, les nourrissons ont un besoin particulier d’acides gras saturés. La composition de l’huile de palme avec 50% d’acides gras saturés est proche de celui du lait maternel. Malgré cette composition, l'adsorption des acides gras n'est pas identique entre l'huile de palme et le lait et l'huile de palme réduit l’absorption de calcium.

 

Conséquences de la production sur la biodiversité

Déjà au cours des XIXe et XXe siècles, les forêts des principales régions productrices (MalaisieIndonésieBornéo et Sumatra) se sont vues réduites de 90 %. Les responsables sont toujours l’urbanisation, le bois exotiques et le papier (préalable fréquent aux palmeraies), la riziculture et plus récemment les palmeraies. Selon un rapport du FAO, cela représenterait au global 17% à 27% des déforestations en Indonésie et 80 % en Malaisie. NDLR : C’est pourtant aux Malaisiens que viennent d’être concédées les terres de la Sangha destinées aux palmeraies.

Cette destruction de forêts tropicales et de tourbières (ces dernières étant des puits à carbone) aurait ainsi pour conséquences une augmentation des rejets de gaz à effet de serre, et serait même responsable de 70% des gaz à effet de serre produits par l'Indonésie, troisième émetteur de CO2 au monde, selon l'ONU.

Cela impacte aussi la biodiversité, par la réduction du milieu de vie de nombreuses espèces endémiques et/ou protégées comme l'orang-outan. Chaque année, environ 5 000 de ces grands singes seraient victimes de l'exploitation des palmeraies. En 2007 on estimait que 98 % des forêts humides indonésiennes, habitat naturel des orangs-outans, auraient disparus en 2022. NDLR : Devons nous prendre le risque qu’au Congo les mêmes causes produisent les mêmes effets ?

 

Débat sur le boycott de l’huile de palme

Face aux problématiques liées à l'huile de palme, certaines marques ont engagé des recherches pour changer les formulations de leurs produits. Dans certains cas, des opérations de communications ont été mises en place pour annoncer l’arrêt de l’usage de l’huile de palme ou encore d’ajouter des étiquettes « Ce produit ne contient pas d'huile de palme ».

En 2010, la marque Casino annonce qu'elle cesse d'inclure cette huile dans ses produits alimentaires, en raison de ses risques pour la santé et de son impact sur l'environnement. La marque de biscuits et de pâtisseries St-Michel s'est également engagée sur le « zéro huile de palme » dans ses recettes à horizon fin 2039.

Ces pratiques ont été dénoncées par les pays producteurs, notamment la Malaisie qui souligne qu’elle «s’est engagée à conserver une couverture forestière sur 50% de son territoire, en dédiant 24% à l’agriculture. Par contraste, la forêt ne couvre que 24% du territoire en France mais les terres agricoles en occupent plus de 50%». Cet argument est à mettre en perspective, la Malaisie et l'Indonésie font face à une déforestation rapide et récente, comparativement à la France qui voit les surfaces de ses forêts augmenter.

Engagé sur cette même voie, Système U a été condamné en décembre 2012 à retirer une publicité contre l'huile de palme au motif qu'elle constituait "un dénigrement caractérisé au préjudice" du produit. À l'origine de la plainte, l'Association Interprofessionnelle de la filière Palmier à Huile de Côte d'Ivoire (AIPH) estimait que la campagne avait été lancée « sans conviction écologique aucune, ni analyse scientifique sérieuse ».

Le boycott simple de l'huile de palme n’est pas encouragé par Greenpeace, qui indique « nous n'avons jamais demandé que l'on boycotte l'huile de palme en général, mais seulement celle produite en ayant recours à la déforestation » et ajoute « l'angle nutritionnel n'a émergé vraiment qu'à partir de 2009, et seulement en France, quand certaines entreprises, notamment des distributeurs, ont compris qu'il y avait un intérêt commercial et en termes d'image à ne plus utiliser d'huile de palme dans leurs produits ». À ce titre, l'ONG a mis en avant des exploitations durables.


05/06/2013
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